Des extraits de l'ouvrage de Christiane DESROCHES NOBLECOURT
pour illustrer le rôle d'Isis
dans le cycle osirien
Les difficultés avaient surgi
dès le commencement des temps. On sait que, pour le cycle mythologique d'Héliopolis,
Atoum, le démiurge avait créer le premier couple, Chou et Tefnout : ainsi
"fut-il Un, puis il devint Trois". A son tour, le premier couple
donna la vie à Geb et Nout, Terre et Ciel, étroitement enlacé. Le Maître de
l'Univers lui interdit tout rapport sexuel et lorsqu'il apprit que Nout était
enceinte, surtout s'agissant de quintuplés, il ordonna à Chou de séparer ces
amants fougueux et déclara que Nout ne pourrait mettre au monde aucun enfant
pendant aucun jour de l'année (rappelons que, selon la légende, l'année ne
comprenait, à cette époque, que 360 jours répartis en douze mois de trente
jours).
Ainsi vouée à la stérilité éternelle,
Nout s'en alla confier son chagrin à son ami Thot, le dieu magicien à tête
d'ibis, qui était non seulement le maître suprême de l'arithmétique, de la
parole, de l'écriture et des scribes, mais aussi le protecteur de la lune
et le puissant régent du temps et du calendrier pour les dieux et pour les
hommes. Nourrissant un amour caché pour la déesse, Thot décida de voler à
son secours. Pour ce faire, il entama une partie de dés avec la lune. Et comme
il avait l'avantage sur sa partenaire, il se fit donner par elle un soixante-douzième
de ses feux et de sa lumière, dont il disposa pour fabriquer cinq journées
entières qu'il ajouta aux 360 de l'année telle qu'elle existait jusqu'ici
(dès lors, selon la légende l'année égyptienne comprit 365 jours répartis
en douze mois de trente jours, les cinq journées additionnelles, ou "épagomènes",
venant se placer à la fin du dernier mois).
La déesse Nout gagna donc, à l'insu
du dieu-soleil, cinq jours ne figurant pas au calendrier habituel. Elle s'empressa
de les mettre à profit pour donner clandestinement naissance à cinq enfants:
un pour chaque jour gagné sur la lune par son ami Thot. C'est ainsi que virent
le jour les dieux Osiris, Horus le Grand, Seth, Isis et Nephtys.
Osiris, qui avait succédé à son
père comme roi de la Terre annoncé aux hommes par une voix céleste, enseigna
avec l'aide d'Isis, son épouse et sa sour (car elle était sa protection et
tenait les ennemis à l'écart), l'agriculture à l'humanité. Isis coupa les
gerbes et pétrit la farine ; Osiris pressa les grappes et but le première
coupe de vin. Il lui donna des lois et lui montra comment honorer les dieux.
Confiant la responsabilité de la gestion du pays à Isis (on la voit, ainsi,
préfigurant l'action de certaines reines mères pendant que le responsable
guerroie), Osiris parcourut le pays pour gagner l'adhésion de tous, par la
musique et sans combat. Tout ne devait pas être aussi limpide au cours de
cette vie exemplaire, car Osiris semble d'être momentanément et secrètement
(par "mégarde", dit un texte !) épris de Nephtys, l'épouse de Seth
le stérile. Elle en conçut Anubis qu'elle abandonna, par crainte de son époux.
Ce fut alors la bonne Isis - conduite par les chiens - qui le retrouva et
l'éleva : il devint son gardien et son compagnon, mais fut affecté aux ténèbres
et les morts lui furent confiés. La jalousie de Seth en fut peut-être augmentée.
Il se mit à conspirer avec soixante-douze conjurés, qui l'aidèrent à recevoir
Osiris à son retour de voyage dans un fastueux banquet au cours duquel aurait
lieu une compétition. Il s'agissait de savoir qui, parmi tous les invités,
tiendrait exactement dans un coffre très précieux, au préalable préparé aux
dimensions du dieu : ce coffre était promis à qui gagnerait. En vain, chacun
s'y essaya, car le coffre était trop grand, jusqu'au moment où, à son tour,
Osiris s'y étant introduit, les conspirateurs se précipitèrent pour le fermer
par le couvercle qu'ils clouèrent. Puis par un lieu appelé Nedit, il jetèrent
le coffre au Nil.
La quête
d'Isis
Recherchant son époux disparu,
Isis, à partir du récit d'enfants qui avaient assisté à l'opération, comprit
dans quelle direction elle devait entreprendre son enquête qui finit par la
mener jusqu'à Byblos, les "escaliers du levant". Échoué contre un
pin, le corps d'Osiris communiqua sa vitalité à l'arbre, lequel grandit démesurément
jusqu'à l'englober complètement. La taille exceptionnelle de l'arbre fut remarquée
par le roi, Malcandre, au point qu'il en fit une colonne pour soutenir le
toit de son palais. Nouvelle épreuve pour Isis qui décida alors d'user de
son pouvoir magique. Sachant que les servantes royales se rendaient à une
source puiser de l'eau, elle se transforma en misérable femme, attira leur
attention, les flatta en tressant savamment "à l'égyptienne" leurs
cheveux et leur insuffla la divine haleine aux rares senteurs, dont elle avait
la possession. La reine, curieuse de connaître l'auteur de ces prodiges, la
fit venir au palais et c'est ainsi qu'Isis devint la nourrice de l'enfant
royal. Magicienne avant tout, elle se contentait de la nourrir avec son doigt.
La nuit, elle mettait le feu à son enveloppe charnelle, pendant que, se transformant
en hirondelle, elle volait en se lamentant autour de la colonne. La reine
la surprit et, voyant son héritier entouré de flammes, poussa un cri strident...
ce qui fit perdre à l'enfant son immortalité. Isis se nomma alors, la colonne
lui fut remise et elle put récupérer le coffre. Ici, s'inscrit un épisode,
sans doute une allusion à l'attitude si effrayante des pleureuses en Égypte
et à leurs vociférations propres à frapper de stupeur : Isis se précipita
sur le cercueil et ses hurlements de douleur furent si impressionnants que
le fils aîné du roi en mourut.
Puis elle retourna en Égypte avec
le fils cadet de Malcandre qui l'aida à transporter le coffre. Arrivé dans
son pays, se croyant seule, elle ouvrit le cercueil et posa son visage sur
celui d'Osiris pour l'embrasser tout en pleurant. Surprise par le jeune prince,
la colère anima son regard au point qu'elle l'en foudroya. Puis elle enfouit
le coffre dans les marécages de Chemnis, à l'endroit où elle devait élever
son fils.
Les rites
funéraires
Une variante assez tardive du récit
ajoute que Seth, découvrant au cours d'une chasse au clair de lune, le lieu
de la cachette, vint dérober le corps pour le couper en quatorze ou seize
morceaux et les dispersa dans le fleuve. Une nouvelle quête allait commencer
pour Isis ; une version de sa légende rapporte qu'elle prit alors une barque
pour repérer tous les morceaux. Un conteur plus réfléchi relate qu'elle se
changea à nouveau, en oiselle, pour mieux apercevoir, de plus haut, les parties
du corps. Puis elle les enterra à chaque endroit où elle les avait découverts
: telle est l'explication du nombre élevé des tombeaux d'Osiris en Égypte.
Mais il semble bien que tout ceci n'était qu'une manouvre, afin, par ce subterfuge
de dérouter son implacable ennemi. En fait ayant rassemblé tous les morceaux
retrouvés, elle en fit avec l'aide de Nephtys et d'Anubis, la première momie.
Tout avait été récupéré, sauf un morceau : le phallus qui avait été avalé
par un poisson oxyrhynque (le mormyre). Passé dans le royaume des morts, Osiris
fut alors enseveli au son des Lamentations d'Isis et de Nephtys :
Dit par Isis :
" Viens vers ta
demeure, viens à ta demeure,
Toi qui n'a plus d'ennemis,
O bel adolescent, viens
à ta demeure pour que tu me voies.
Je suis ta sour que
tu aimes,
Ne te sépare pas de
moi, bel adolescent.
Viens à ta demeure,
Je ne te vois pas [et
pourtant]
Mon cour aspire à te
rejoindre
Et mes yeux te réclament
(...)
Cela est merveilleux
de te contempler.
(...)
Viens à celle qui t'aime,
qui t'aime ô Ounen-Nèfer,
Viens auprès de ta sour,
Viens auprès de ta femme,
Toi dont le cour a cessé
de battre !
Viens vers la maîtresse
de ta maison.
Je suis ta sour, de
la même mère,
Ne t'éloigne pas de
moi...
Les dieux et les hommes
ont tourné leur visage vers toi
Et tous te pleurent
ensemble car ils me voient
Je t'appelle et je pleure
si fort
Qu'on l'entend dans
le ciel
Mais tu n'entends pas
ma voix ?
Je suis la sour que
tu aimais sur terre,
Tu n'aimais aucune (autre)
femme
En dehors de moi, ô
mon frère, ô mon frère"
Le texte de ces fameuses lamentations
se poursuivait et constituait le dialogue entre les deux sours pleureuses,
entrecoupé de quelques refrains chantés par d'autres pleureuses. On y retrouve,
dans la douleur, des accents qui l'apparentent à une sorte de chant d'amour,
et lorsque l'on aborde les strophes récitées par Nephtys, le ton change :
ce n'est plus celui de l'épouse, c'est celui de l'amante :
"Reviens en cette
heure, mon maître, toi qui est parti,
Afin de faire ce qui
te plaît, sous les arbres.
Tu as éloigné mon cour
de moi de milliers de mille.
Avec toi seul, je désire
faire ce que j'aime !
Si tu vas au pays d'éternité,
je t'accompagne,
J'ai peur que mon époux
ne me tue.
Y eut-il roi qui, en
son temps, fit ainsi ?
Je suis venue pour l'amour
de toi.
Tu délivres mon corps
de ton amour."
A lire ce dernier chant, il semble
que l'on puisse entrevoir le rappel de l'idylle survenue entre Osiris et Nephtys.
Le fait que les paroles soient ouvertement prononcées devant Isis indiquerait-il
que, près de l'unique "maîtresse de maison", la présence d'une "concubine"
favorite était acceptée ? Dans le monde des souverains la chose était claire
; elle paraît aussi assez évidente, comme on le verra, en ce qui concerne
le monde des "seigneurs".
La naissance
d'Horus
En momifiant Osiris et en l'enterrant,
suivant un rituel toujours respecté par la suite, Isis venait d'inventer le
remède qui donne l'immortalité. Cependant, il restait encore
un miracle à accomplir pour assurer la succession du défunt triplement mort,
si l'on peut dire, aux yeux des Égyptiens, puisqu'il n'avait pas laissé d'héritier,
qu'il était trépassé et que, de surcroît, le poisson oxyrhynque avait englouti
sa virilité. La magicienne alors transformée de nouveau en oiselle battit
l'air avec ses ailes et ranima son frère-époux. Mais "c'est une chose
à garder bien cachée ! (lit-on dans le "livre des respirations")
qu'il ne soit pas permis qu'un homme ou une femme la divulgue à haute voix
!". Puis, grâce à sa magique puissance, elle lui rendit quelques instants
son membre disparu et descendit en planant doucement sur le corps d'Osiris
qui, revirilisé par cette action, la féconda. Toujours selon la légende, Isis,
dans les marais de Chemnis, prépara la naissance de leur fils et mit au monde
l'enfant Horus, pour la protection duquel elle recommença la lutte contre
les attaques du Malin, le dieu Seth, que Plutarque appela le Typhon.
Devenu adulte, Horus, avec l'aide
d'Isis, toujours si acharnée à faire valoir les droits du fils d'Osiris, brigua
contre son oncle, devant le tribunal du Maître éternel Atoum, l'héritage de
son père. La lutte infernale et sans cesse renouvelée allait reprendre, mais
pouvait-on perdre espoir, si l'on songe à ce que l'on reconnaissait à la "divine
mère" ;
"Son cour était plus habile
que ceux d'un million d'hommes,
Elle était plus éminente qu'un
million de dieux,
Elle était plus perspicace qu'un
million de nobles morts.
Il n'y a rien qu'elle ne sût dans
le ciel et sur la terre"
Les tribulations
d'Horus et de Seth
Cependant,
le ton du conte populaire où les tribulations d'Horus devenu adulte, fils
d'Isis et d'Osiris, et de Seth ont été relatées, abandonne les termes de cette
citation. C'est dans un langage assez vert parfois que les multiples épisodes
nous sont contés : nous nous bornerons à évoquer seulement ceux où la déesse
entre en action ; on y retrouve le comportement de la magicienne faite femme,
aux nombreux artifices qui rendaient la déesse d'autant plus puissante, et
munie de moyens redoutables et multiples.
Ces Tribulations d'Horus et de
Seth, illustrent la lenteur démesurée des procédures ; en effet dans la vie
rien n'est simple et, dépeints à l'image de l'homme, les dieux ne peuvent
être traités en personnage manichéens. Seth prétend, pour capter l'héritage
de sa victime, son défunt frère, qu'Horus n'est pas le fils d'Osiris. Nous
allons pratiquement assister à un procès en "recherche de paternité"
d'un fils né après la mort de son géniteur. Le tribunal appelé à juger et
à trancher la question fut composé de tous les dieux d'Égypte qui siégèrent
pendant quatre-vingts ans, tant la question fut compliquée, en raison du fait
que le Grand Horus, Horakhty, devint partisan de Seth. La lutte fut cruelle,
les opposants en vinrent aux mains jusqu'à même émasculer Seth et rendre aveugle
le jeun Horus. A un certain moment, le tribunal, ne sachant plus quelle décision
prendre, s'adresse à la puissante Neïth de Saïs : son verdict est nettement
exprimé : "Confiez la dignité d'Osiris à son fils et ne commentez pas
une grande injustice, sinon je deviendrai furieuse et le ciel s'écroulera
sur le terre". Mais elle ajoutait qu'en compensation Seth devait recevoir
Anat et Astart, les deux filles étrangères de Rê. D'où surgit un nouveau différend
entre les dieux. Rê lui-même en fut prostré et c'est au cours de cet épisode
que sa fille Hator, pour le dérider, lui dévoila sa nudité. Thot, pourtant,
continuait à plaider en clamant : "Donnera-t-on la charge au frère de
la mère, alors qu'un fils selon la chair est vivant ?" Devant la mauvaise
foi du Maître de l'Univers R, Isis, courroucée, prononça ce serment : "Aussi
vrai que ma mère Neith vit, et aussi vrai que Ptah-Tenen, haut de plus est
vivant, on placera ainsi ces paroles devant Atoum, le grand qui est à Héliopolis
et aussi devant Kephri, qui réside en sa barque.
La mère
protectrice
Les manouvres d'intimidation de
Seth furent à ce point efficaces qu'il fut répondu favorablement à sa demande
d'éloigner Isis du procès. C'était vraiment méconnaître le pouvoir de l'imagination
de la déesse-femme. Horakhty décida, afin de satisfaire Seth, que le tribunal
se déplacerait dans l'"île du Milieu" dont le passeur ne devrait,
naturellement, faire traverser aucune femme. Il fallut donc qu'Isis se transformât
en une pauvre vieille toute courbée - mais elle portait au doigt un anneau
d'or - pour s'approcher du nocher et lui dire : "Je viens vers toi avec
un pot de farine pour un petit gars qui garde le bétail dans l'île depuis
cinq jours et qui a faim." A la réponse négative du passeur, elle lui
offrit du pain, puis enfin son anneau d'or qui fut le meilleur pour le fléchir.
Arrivée dans l'île et reconnue par Seth, Isis se transforma en une jeune femme
à l'irrésistible beauté et, se fondant sur l'absence évidente de psychologie
de son interlocuteur, elle s'efforça de le "prendre au filet" :
"Mon grand seigneur, se plaignit-elle, j'ai été la femme d'un gardien
de troupeau, je lui avais donné un fils. Mon mari est mort et mon garçon garde
le bétail de son père. Mais un étranger est venu et s'est assis dans mon étable
; il s'est ainsi adressé à mon fils : "Je te frapperai et je te prendrai
le bétail de ton père et je te jetterai dehors. "Alors je voudrais que
tu sois, pour lui un protecteur." Seth, ne saisissant pas la provocation,
répondit : "Donnera-t-on le bétail à l'étranger, alors que le fils de
l'homme est encore vivant ?"
Cette phrase provoqua la métamorphose
immédiate d'Isis en un oiseau qui alla se percher au sommet d'un acacia et
lui déclara qu'il venait lui-même de se juger : "Honte à toi ! Ta propre
bouche l'a prononcé et ta propre habileté t'a jugé toi-même. Que veux-tu de
plus ?" Cet incident, rapporté au président du tribunal fit condamner
Seth, auquel R, lui-même, déclara ; "Oui, c'est toi-même qui t'es jugé"
Mais ce démon obtint cependant un nouveau sursis... pour complément d'information
!
La seconde partie du conte présente
les deux antagonistes encore en lutte cruelle, transformés en deux hippopotames
: Isis, toujours aux côtés de son fils. Des blessures atteignent les combattants
si bien qu'Isis, prise de pitié, soulagea la douleur de Seth, ce qui plongea
Horus dans la fureur de l'hippopotame dont il avait pris l'aspect, à telle
enseigne qu'il en arriva à trancher la tête de sa mère. Fort heureusement,
Thot la remplaça par une tête de vache (d'où l'aspect d'Isis-Hator). De péripétie
en péripétie, Horus, puni, fut aveuglé par Seth (le châtiment de cécité était
connu dans la haute antiquité), mais Hator lui rendit ses yeux. Puis Seth
fut émasculé, les incidents truculents, grossiers parfois, se succédèrent
pendant un siècle, jusqu'à ce qu'en définitive le tribunal décidât ce par
quoi il aurait dû commencer : en référer à Osiris lui-même. La réponse d'Osiris
parvint sous la forme d'une lettre qui fut lue aux juges du tribunal par Thot
: "Tout ce qu'il dit est parfaitement juste, lui, le maître des aliments",
dirent-ils." Isis fut alors chargée d'amener Seth ligoté pour qu'il lui
soit reproché de ne pas avoir accepté les décisions de ce conseil suprême.
Seth se soumit enfin, et abandonna ses visées sur l'héritage au trône d'Osiris.
Horus fut investi de la succession : c'est le triomphe définitif d'Isis.
La légende
Osirienne (résumé)
Après que bien des dieux eurent
régné sur terre et, leur temps accompli, soient retournés en leur Olympe,
Osiris monta sur le trône au grand dam de Seth, son frère, violent et jaloux.
Osiris secondé par son épouse Isis se montra administrateur avisé et apporta
aux hommes, qui, entre temps, s'étaient répandus sur terre, quelques bienfaits
notoires, dont l'agriculture. Une telle félicité ne pouvait durer. Seth, rêvant
de remplacer son frère sur le trône terrestre, tua Osiris par traîtrise, découpa
son cadavre et en jeta les morceaux au Nil. Emportés par le courant, ceux-ci
aboutirent en divers points de l'Égypte où, plus tard, on érigea un tombeau
du dieu, ce qui explique qu'il y en ait eu plusieurs.
Isis, aidée de sa sour Nephtys,
la propre femme de Seth, se mit alors en quête et réussit à retrouver les
fragments. Puis intervint Anubis. Réunissant habilement tous ces morceaux,
il les maintint avec des bandelettes de tissus : c'est l'origine de la momification.
Ce traitement éveilla lentement la vie dans le corps mutilé du dieu, et Isis
en conçut un fils Horus.
Tandis qu'atteint par une mort
trop humaine Osiris se retirait en cet au-delà où les autres dieux n'avaient
qu'un droit de transit lorsque la barque solaire y pénétrait la nuit, Isis
élevait en cachette le petit Horus. Seth, en effet, instruit de l'événement,
avait décidé de supprimé un héritier gênant pour ses ambitions. Isis,
se son côté, essayait de convaincre le tribunal des dieux, en l'occurrence,
l'Ennéade, de proclamer les droits de son fils au trône d'Osiris. Les années
passèrent, Horus grandit et, si certaines légendes nous le représentent comme
un compagnon inséparable de son oncle Seth, il ne tarda pas, après de multiples
aventures, à provoquer en duel le meurtrier de son père. La lutte fut chaude.
Au cours du combat, Horus perdit un oeil mais Seth fut enfin vaincu.